Auxiliaire de la domus : Staphylin odorant

Staphylin odorant

Ocypus olens connu sous les noms d’ocype odorant, de staphylin odorant ou de staphylin noir dit également « le diable » est une espèce d’insectes coléoptères. Si de nombreuses espèces de staphylins se rencontrent en France, le staphylin odorant, Ocypus olens, est le plus connu. Grand prédateur, il joue aussi un rôle important dans le recyclage de la nécromasse.

Description

Il est d’un noir bien brillant, entièrement caparaçonné, son corps aplati et allongé se prolonge par un abdomen allongé composé de plusieurs segments mobile et terminé par des cerques en forme de crochets. Capables de se redresser lorsque l’animal se sent attaqué, comme celui d’un scorpion (à ne pas confondre avec un pseudo-scorpion). Il ouvre alors ses mandibules pour avoir l’air encore plus féroce et il peut alors émettre par l’anus un liquide fécal et grâce à deux glandes exocrines blanches situées à l’extrémité de l’abdomen, une odeur désagréable, d’où son nom d’espèce olens.

Il vit et se déplace essentiellement sur le sol, mais il possède des ailes fonctionnelles, repliées sous de très courts élytres et découvrent une partie de l’abdomen. Capable de voler, il peut mesurer jusqu’à 30 mm environ.

Reproduction

La période de reproduction se situe au printemps, les femelles pondent dans les endroits sombres et humides, par exemple juste sous la surface du sol. Les œufs éclosent et les jeunes larves vivent dans le sol, où elles se nourrissent de petites proies. Elles ressemblent un peu aux adultes, mais leur abdomen est plus mince et plus allongé, et elles ne possèdent pas d’élytres. Elles muent 2 ou 3 fois puis réalisent leur nymphose qui dure un mois dans le sol. Les adultes émergents ensuite. Après avoir arpenté le jardin et le potager à la recherche de proies durant toute la belle saison, ils passeront l’hiver à l’abri sous des végétaux, dans un mur ou encore un tas de compost ou de vieux bois, et se reproduiront à leur tour au printemps suivant.

Alimentation

Les nombreuses espèces de staphylins se partagent le travail au jardin. Certains sont nécrophages comme le « staphylin odorant » et se nourrissent de cadavres et de petits invertébrés vivants : limaces, escargots, vers, chenilles, larves et œufs d’insectes…

Les adultes sont actifs entre avril et octobre, bien qu’ils puissent déambuler le jour, il se tient souvent caché sous les pierres, les feuilles mortes, les tas de bois, les fissures… et sortent surtout la nuit où ils évoluent au sol à la recherche de cadavres de limaces et d’autres invertébrés ou profite de la présence de cadavres d’animaux plus gros. Ils chassent à l’affût aussi diverses petites proies vivantes comme des asticots ou des cloportes et se montrent très agressifs avec leurs proies.

Certaines autres espèces de petite taille sont détritivores et consomment la matière organique en décomposition (on en trouve souvent dans le tas de compost, notamment en cas de compostage de surface) ou apprécient particulièrement les mousses et les champignons. D’autres encore se repaissent de divers insectes, de larves, de gastéropodes, de mouches (notamment la mouche du chou), de chenilles et de vers.

À la fois prédateur de nombreux parasites qui peuplent le jardin et nettoyeur efficace de cadavres et d’excréments, ce petit coléoptère est multifonctionnel. Autant dire que cet insecte est bel et bien l’ami du jardinier et qu’il est nécessaire de le préserver.

Habitat

Il se rencontre dans les forêts, haies, parcs et jardins où il trouve à se nourrir dans le compost, le bois mort et sur les cadavres d’animaux.

Pour l’attirer et le protéger, ménagez-lui des abris permanents, évitez de trop nettoyer le jardin, couvrez la terre de paillis. Les carabes, autres coléoptères auxiliaires, profiteront aussi de cette bienveillance.

17 mars 2021