Auxiliaire de la domus : Pince-oreilles

Les pince-oreilles ou forficules

Le Forficula auricularia ou forficule appelé communément pince-oreille, ou encore perce-oreille est un insecte de l’ordre des Dermaptères au régime alimentaire varié. Il est très courant dans nos jardins.

Description

À l’âge adulte le pince-oreille mesurent d’1 à 2 centimètres de long. leur corps est couvert d’une carapace ou cuticule souple de chitine, de couleur brun-roux brillant tandis que l’abdomen est souvent plus foncé que la tête et le thorax. De forme très allongée, il possède deux longues antennes, une paire de pièces buccales de type « broyeur ». Il est muni de petites ailes, qu’il n’utilise pratiquement pas, sauf pour planer. Le forficule est capable de voler, mais il le fait rarement. Les jeunes ressemblent aux adultes, mais ils sont plus clairs et aptères (sans ailes).

Le pince-oreille doit son nom à son abdomen qui se termine par deux cerques ayant la forme d’une pince, plus foncés sur leurs extrémités. Ces cerques sont presque droits chez les femelles alors qu’ils sont nettement incurvés chez les mâles. Ce sont des armes défensives mais guère efficaces face à leurs gros prédateurs (oiseaux, lézards, mammifères insectivores, dont musaraignes…).

Mode de vie

Redoutant la sécheresse et la lumière, le pince-oreille se cache donc sous les pierres, les débris végétaux, dans les anfractuosités de l’écorce des arbres, entre les pétales des grosses fleurs ou encore à l’intérieur d’un noyau de pêche. Il s’abrite partout où il est susceptible de trouver une légère humidité et une relative pénombre. À la tombée de la nuit, il commence à s’activer et part à la chasse.

En matière de reproduction, la femelle forficule fait preuve d’un instinct maternel très développé. Elle pond une trentaine d’œufs (blancs et ovoïdes) à l’automne, dans un abri le plus humide possible comme dans la terre, sous des feuilles ou des branchages…, car les œufs ont besoin d’une certaine hygrométrie durant leur incubation. Durant tout l’hiver, elle va les protéger et les nettoyer, en les débarrassant notamment, grâce à ses pièces buccales, des moisissures qui essaient de se développer à leur surface. Au printemps, les œufs éclosent et de jeunes larves en émergent. D’abord blanchâtres, elles se pigmentent peu à peu et subissent 4 mues successives avant de devenir adultes. Ce n’est qu’au terme du dernier stade larvaire, vers le mois de juillet, que la femelle cesse de s’occuper de ses petits.

Habitat

Le jour, le pince-oreille, lucifuge (fuyant la lumière), passe la plupart de son temps dans les crevasses du sol, sous les écorces du bois mort, dans le creux des fleurs ou entre les pétales de grosses fleurs (roses par exemple). La nuit, il sort et part à la recherche de nourriture (pucerons, psylles…). Il peut également se cacher sous le linge étendu à l’extérieur.

En guise d’habitat, peuvent être installés des pots de fleurs retournés sur un bâton à 4-5 cm au-dessus du sol, ou installés dans un arbre fruitier et remplis de paille. Mais aussi ils peuvent servir de piège pour limiter une population locale qu’un jardinier trouverait trop importante être transférés avec leurs habitants dans un arbre ou près d’une plante infestée de petits parasites suceurs (pucerons, psylles…).

Cet abri peut être provisoirement placé sur des arbres fruitiers (pêchers, pruniers ou abricotiers) puis enlever avant la maturité des fruits afin que ces derniers ne soient pas abîmés par les forficules qui ne les apprécient qu’une fois muris.

Alimentation

Grand consommateur d’insectes dits « nuisibles » ou « ravageurs », le pince-oreille consomme aussi des végétaux très mûrs ou en début de décomposition comme les pétales de fleurs, les fruits(pêches, prunes ou abricots en particulier) ou encore les légumes ou les racines de plantes coupées.

Il est souvent accusé à tort d’être un ravageur nuisible quand il semble infester une plante ou un secteur de jardin, ce qui est rare, il est souvent abondant parce que ses proies le sont. Par exemple quand on le trouve le matin dans la salade alors qu’il y a mangé ses parasites, on attribue d’autant plus volontiers les quelques dégâts visibles au forficule, alors qu’on ne voit plus ou peu les parasites qu’il a consommés, souvent en petits groupes.

17 mars 2021