Auxiliaire de la domus : Coccinelle

Coccinelle ou bête à bon dieu

La coccinelle (Coccinellidae) est un coléoptère appelé aussi familièrement bête à bon Dieu et qui se décline sous de nombreuses espèces différentes (plus de 6000 dans le monde) que l’on différencie par leur couleur (jaune, orange, rouge, blanc, rose ou noir), mais aussi par le nombre de points présents sur leurs élytres. Coccinella semptempunctata, la coccinelle à 7 points noirs et aux élytres rouges, est la plus fréquente dans nos jardins et en Europe.

Les coccinelles figurent parmi les insectes utilisés par l’homme comme insecticide naturel dans la lutte biologique contre les pucerons. Le régime alimentaire peut aussi aider à les différencier puisqu’il varie selon l’espèce ; certaines sont même spécialisées dans un type d’alimentation : pucerons, aleurodes, champignons, cochenilles, acariens et même plantes…).


Cycle de vie et métamorphose

La métamorphose des coccinelles comporte quatre stades : œuf, larve, nymphe et adulte. En une vie, la coccinelle pondra environ mille œufs. Chaque adulte a une espérance de vie de deux à trois ans.

Pendant la saison froide, les coccinelles se mettent en diapause, et trouvent refuge sous les pierres, sous l’écorce des arbres, dans les vieilles souches, dans la mousse, ou encore sous les feuilles de fleurs fanées comme les coquelicots, etc.

Les coccinelles sortent de leur léthargie au début du printemps avec les premiers rayons de soleil. Elles se reproduiront et les femelles pondront plusieurs centaines d’œufs jaune clair qu’elles déposeront à proximité d’une colonie de pucerons sur la partie inférieure des feuilles des plantes les accueillant. 3 à 5 jours après la ponte, les œufs jaunes se transformeront en petites larves noires avec des reflets bleus métallisés et des points jaune orangé et commencent à se nourrir de leurs proies. Chaque larve peut en effet dévorer jusqu’à 200 pucerons par jour ! Les larves muent en général 3 fois avant d’atteindre le stade de nymphe pour environ 8 jours puis la coccinelle adulte émerge. Au bout d’un mois l’adulte sera en capacité de se reproduire

Grâce à leurs couleurs synonymes de toxicité elles se font peu attaquer. De plus, elles sécrètent un liquide répulsif dont le goût éloigne plus d’un prédateur.

Alimentation

Les coccinelles adultes comme les larves sont friandes de pucerons qu’elles dévorent avec voracité. Une larve peut tuer jusqu’à une centaine de pucerons par jour tandis qu’un adulte en détruira plusieurs dizaines. Lorsqu’elles sont abondantes, toutes les proies tuées ne seront pas consommées (ou pas dans leur totalité). Les coccinelles adultes se nourrissent également de cochenilles, d’aleurodes, d’acariens et plus rarement de moisissures. Lorsque les proies sont plus rares, les coccinelles peuvent se nourrir de pollen et de nectar de fleurs ainsi que de débris végétaux. À l’éclosion, les larves peuvent consommer des œufs non éclos s’il n’y a pas de proies à proximité directe.

Habitat

La coccinelle ne cherche un abri que durant l’hiver, c’est une espèce pléiotope, c’est-à-dire que peut lui convenir grande variété d’habitats tel : un tas de bois, un muret de pierres sèches, une fissure de mur, sous un tas de feuilles mortes, sous des mousses ou sous des écorces. Pouvant vivre aussi bien dans les forêts, toundras, littoraux que dans les hautes montagnes, elle privilégie les plaines cultivées où se concentrent les pucerons sur la végétation basse.

Les variétés

Les coccinelles se reconnaissent très facilement par leur morphologie bombée et ovale ainsi que les points dessinés sur leurs élytres. Les associations de couleurs sont variables selon les espèces (des points noirs, rouges ou jaunes sur des fonds noirs, rouges ou jaunes) ainsi que le nombre de points (entre 2 et 22 points). Une grande variabilité de formes et de couleurs existe au sein de chaque espèce. Leur taille varie entre de 1 et 10 mm.

L’une des plus communes en Europe est la Coccinella septempunctata qui est une coccinelle Rouge à 7 points noirs et qui mesure entre 5 et 8 mm de longueur. Sa larve grise tachée de jaune ressemble à une chenille et peut atteindre 1 centimètre. Cette coccinelle fréquente de préférence la strate herbacée et est donc plus efficace sur la végétation basse que sur les arbres du verger.

Mais il existe d’autre espèce indigène en Europe comme l’Adalia bipunctata, dite « à deux points » de couleur principalement rouge mais peut parfois être noire dans son aire de répartition la plus froide où cette particularité facilite la récupération de chaleur.

Ou encore la Propylea quatuordecimpunctata, dite coccinelle à damier ou encore coccinelle à 14 points, car cette coccinelle jaune compte 14 points noirs.

L’Harmonia axyridis est une Coccinelle asiatique originaire de Chine importée massivement en Europe et aux États-Unis vers la fin des années 1980 pour la lutte biologique. Son comportement, sa prolificité et sa voracité en font désormais une espèce envahissante nuisible pour les coccinelles autochtones qu’elle tend à éliminer. On les reconnait à leur taille plus importante (jusqu’à 1 cm de long) et à leur couleur variable comportant souvent beaucoup de points.

17 mars 2021