Région Bourgogne-Franche-Comté

La Bourgogne-Franche-Comté (B-F-C) est une région administrative française issue de la fusion administrative des deux anciennes régions de Bourgogne et de Franche-Comté le 1er janvier 2016. Elle compte 2 820 940 habitants en 2015 et réunit, sur 47 784 km2, huit départements : la Côte-d’Or, le Doubs, la Haute-Saône, le Jura, la Nièvre, la Saône-et-Loire, le Territoire de Belfort et l’Yonne.

Sa plus grande ville est Dijon qui est aussi le chef-lieu de la région. Le siège du conseil régional se trouve à Besançon. Les grands services régionaux de l’État sont répartis entre Besançon et Dijon.

Site officiel du conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté: https://www.bourgognefranchecomte.fr/

 

La roche de Solutré (71)*

Sur le plan historique, le territoire de BFC est une Terre de passage,  peuplé dès la préhistoire où la présence de l’homme a laissé d’abondants vestiges notamment dans les grottes d’Arcy-sur-Cure ou à la roche de Solutré.

A partir de l’âge du fer le territoire est peuplé par une grande diversité de populations celtes, qui se répartissent, s’allient  ou s’affrontent pour le contrôle des voies commerciales (terrestres et fluviales) et des territoires située entre la Manche la Méditerranée. Parmi ces peuples ont peut citer :

  • les Sénons, dont la capitale est Agedincum (Sens);
  • les Lingons, établis sur les plateaux de Langres-Châtillonnais dont la capitale est Andemantunnum (Langres) ;
  • les Éduens, dont la capitale est Bibracte, au sommet du mont Beuvray (avant de devenir Augustodunum à l’époque romaine) occupe la partie méridionale de la région et les monts du Morvan ;
  • les Séquanes, sur la rive gauche de la Saône qui s’étend vers l’est jusqu’à leur capitale Vesontio (Besançon)

Les trois peuples voisins, Éduens, Lingons et Séquanes, ont adopté dès -100 un système monétaire commun fondé sur l’étalon-argent. Leur monnaie, de valeur identique, représente la moitié du denier romain et circule alors sans difficulté sur le sol des cités, formant une union monétaire de fait, la « Zone du Denier ».

Vercingetorix jette ses armes aux pieds de Jules César.

Vers -60, Éduens et Séquanes se disputent le contrôle de la Saône, après une première défaite, les Séquanes et leurs alliés Arvernes font appel aux Germains d’Arioviste pour vaincre les Éduens. Deux ans plus tard, Jules César saisit le motif que lui offre la migration des Helvètes pour intervenir en Gaule et venir au secours des Éduens « alliés et frères » des romains. En juin -58, il remporte sur les helvètes une victoire près de Bibracte, c’est début la guerre des Gaules. À la fin de la même année, le général romain défait Arioviste et l’oblige à repasser le Rhin. Face à la présence romaine qui s’éternise des révoltes apparaissent. Les Éduens longtemps alliés de Rome se rallient au mouvement de résistance mené par le chef Arverne Vercingétorix qui lors de la réunion militaire de Bibracte est confirmé dans le commandement de l’armée fédérée gauloise. La reddition de Vercingétorix lors du siège  d’Alésia en -52 marque fin à l’indépendance des peuples gaulois.

C’est à l’issue de cette bataille que César prend ses quartiers d’hiver à Bibracte où il rédige son De Bello Gallico et  accorde sa clémence aux vaincus : il donne aux Éduens le statut de civitas fœderata (« cité fédérée »).

L’ensemble de la Bourgogne-Franche-Comté et l’ensemble de la gaule sont organisé et administrer par Rome. Malgré la Pax romana, la région connait deux périodes de troubles importants la première en 21 ap. J.-C. avec la révolte de l’Éduen Julius Sacrovir suite à des désaccords fiscaux avec l’empereur Tibère, puis une seconde, en 70 ap. J.-C., lorsque Gaius Julius Vindex, sénateur et peut être gouverneur de Gaule Lyonnaise, originaire d’une puissante famille d’Aquitaine mena une fronde contre l’empereur Néron suite à sa politique en 68 ap. J.-C.,. Soutenu par les Éduens et les Séquanes créa une crise politique qui secoua l’Empire en 69, et fut dénommée année des quatre empereurs.

En 70,  l’empereur Vespasien organise la reconquête de la Germanie supérieure, nom de la province donnée à une grande partie de la Suisse, le Jura, la Franche-Comté et une partie nord-est de la Bourgogne, il y envoi un de ses légats Frontin à la tête de la Légion VIII Augusta à Mirebellum (Mirebeau-sur-Bèze) sur les confins du pays Lingons à proximité de Divio  l’actuel Dijon, fonder une forteresse qui s’étendra sur une superficie de 22 ha.

La Bourgogne-Franche-Comté connaît alors la prospérité et ses bourgades, dans lesquelles se regroupe la population, connaissent un essor rapide dont les bienfaits de la Pax Romana s’étendent jusqu’au IIIe siècle.

La Bourgogne-Franche-Comté est traversée la Via Agrippa, important réseau de voies romaines partant de Lugdunum (Lyon) sillonnant le Gaule et pour sa partie septentrionale remontant à Cavillonum (Chalon sur Saône) où elle se sépare en direction de l’est vers Langres Mets et Trèves et du nord en passant par Autun, Avalon, Senlis, Amiens, Sens pour rejoindre Gesoriacum (Boulogne-sur-Mer). La Bourgogne-Franche-Comté bénéficie également de nombreuses voies navigables, dont la Saône avec sa corporation des nautes ararici est l’axe principal. Grâce à ces voies de communication, la Bourgogne-Franche-Comté est le point de passage obligé par lequel voyagent vin, produits agricoles, étain, métaux et huile. La densité des échanges assure la prospérité du pays. Les productions agricoles locales, comme l’écrit l’historien latin Strabon, sont nombreuses est variées. La vigne s’est installée sur la Côte bourguignonne et les Gaulois, bons tonneliers, ont substitué très tôt la barrique à l’amphore, trop lourde et trop fragile.

Au milieu du IIIe siècle, le déferlement successif de vagues de peuples venus de l’est auquel s’ajoute à l’instabilité du pouvoir de l’Empire romain d’Occident, qu’aggrave le péril nouveau des bagaudes, ces bandes de paysans chassés de leur terre qui pillent pour leur propre compte, met un terme à cette période de prospérité.

Venant des confins de la baltique les Burgondes, s’installent en 443 comme auxiliaires de l’armée romaine avec le statut de fédérés (du latin fœdus), sous l’autorité du patrice romain Ætius qui leur offre un territoire autour de Genève incluant l’actuelle Bourgogne-Franche-Comté et qui laissèrent leur nom à la Bourgogne.

Sous les Carolingiens, le traité de Verdun (843) conduit à distinguer une « Bourgogne franque », ou « Basse Bourgogne », à l’origine du duché de Bourgogne (Bourgogne), et une « Bourgogne impériale », ou « Haute Bourgogne », où va se constituer le comté de Bourgogne (Franche-Comté). Réunies au XIVe siècle par la première maison de Bourgogne, puis par les ducs Valois au sein des États bourguignons, les deux provinces sont séparées à la fin du XVe siècle, le duché étant annexé au domaine royal français alors que le comté passe aux mains des Habsbourg.

La Comté n’est intégrée au royaume de France qu’après sa conquête en 1678 par les troupes de Louis XIV et la reddition de Dole, l’ancienne capitale franc-comtoise, cependant que Besançon hérite du statut de capitale. Le duché de Bourgogne et la Franche-Comté forment alors deux provinces et généralités distinctes, avec leur propre capitale de gouvernement (respectivement Dijon et Besançon).

Si aujourd’hui la majeure partie du territoire de Bourgogne-Franche-Comté se rattache à ces deux provinces de l’ancien régime supprimée à la révolution, la région BFC actuelle créée en 2016 elle comprend également l’essentiel du Nivernais (correspondant à peu près au département de la Nièvre), une partie de la Champagne (la partie nord du département de l’Yonne avec Sens, Tonnerre, Joigny et la partie occidentale et méridionale du Pays d’Othe notamment), une partie de l’Orléanais (la partie sud-ouest de l’Yonne avec Toucy), la partie de l’Alsace restée française après 1871 (l’actuel Territoire de Belfort), ainsi qu’une infime partie de l’Île-de-France (la partie nord-ouest de l’Yonne).

 

*Sources photos Wikimedia

5 juin 2018