Natron et bicarbonate de soude

On appelle natron une roche évaporitique (évaporite) contenant essentiellement du carbonate de sodium (Na2CO3) et du bicarbonate de sodium (NaHCO3) rencontré sous sa forme naturelle la nahcolite. Cette roche évaporitique a la singulière propriété, en présence d’eau ou d’humidité, de développer à sa surface le minéral natron : le carbonate de sodium déca-hydraté (Na2CO3 • 10 H2O) qui est souvent accompagné d’autres dépôts carbonatés et hydrogéno-carbonatés alcalins à base de trona.

Le mot natron est dérivé de l’espagnol « natron » via le latin « natrium » et le grec « nitrone » (νίτρον) qui dérive à son tour de l’arabe « natrūn » (نطرون) qui découle de l’égyptien ancien mot qui signifie « nṯry » (nitry ou netjery) qui signifie : devenir divin.

Dans les anciens traités médicaux en latin le mot « nitrum » ne doit pas être traduit par « nitre » autrement dit le salpêtre (le nitrate de potassium) mais par natron.

Le natron à l’état naturel, dénommé autrefois alcali minéral ou simplement « Soda » en anglais et en allemand, se présente sous la forme d’une substance blanche, évanescente, qu’on trouve au bord de certains lacs notamment africains. Natron désigne aussi en Égypte Wadi El Natroun lieu où les anciens égyptiens extrayaient le natron.

Le symbole chimique du sodium, Na, est une abréviation de natrium, le natron.

Le trona est à une combinaison naturelle de carbonate de sodium, de bicarbonate de sodium et d’eau dont la formule chimique est : Na2(CO3) • NaH(CO3) • 2 H2O. Le trona est minéral des milieux alcalins, est presque toujours associé au natron, il sert à la fabrication de la soude ou carbonate de sodium.

Il est traditionnellement utilisé comme matériaux de construction en Afrique et notamment en Égypte et au Soudan où il est également employé en médecine, en cosmétique, pour le nettoyage (détergent) et en teinture, pour la fabrication de tabac, pour les soins des animaux.

Le mot « trona » à une étymologie proche de celle du natron, et viendrait du suédois ou en espagnol, les deux origines sont possibles mais les deux dérivent de l’arabe « trōn » qui à son tour dérive comme le mot natron de l’arabe « natrūn » (نطرون) et de l’hébreu « natruna » (נטרן), qui vient du grec ancien « nitrone » (νιτρον), dérivé finalement de l’ancien égyptien « nṯry » (nitry ou netjery) qui signifie : devenir divin.

Le natron des Égyptiens

Le natron était déjà connu des Égyptiens de l’Antiquité depuis plusieurs millénaires qui l’appelaient neter, de l’ancien égyptien nṯr(ĵ), terme qui rappelle qu’ils l’extrayaient d’un lac asséché dans le désert de Nitrie (netjer ? dieu, divinité, roi) proche d’Alexandrie, contrairement à la vallée du Natron beaucoup plus éloignée de 80 km au sud-est.

Les différents composants du natron étant mal connu, ils en distinguaient diverses variétés :

  • Le minéral pur natron, véritable fleur alcaline cueillie au lever du soleil, et sans doute réservée aux rois, nobles princes et pharaons, pour les rites sacralisant de momification.
  • La roche natron plus ou moins impure, le plus souvent à faible teneur en natron ou thermonatrite (déshydratation thermique du natron), à forte teneur en trona ou en nahcolite (bicarbonate de sodium). C’est toutefois la thermonatrite qui engendre en présence d’eau le minéral natron le plus efficacement.
  • Des mélanges artificiels divers plus ou moins sec, contenant parfois du natron et(ou) du trona, mais surtout avec du nahcolite et du sel, pour des usages spécifiques. Il apparaît aussi dans les régions arides africaines des efflorescences également qualifiées de natron.

L’emploi généralisé du terme « neter » ou de ses déclinaisons et variantes anciennes, dès cette époque s’applique à toute apparition saline ou évaporitique, souvent blanche compacte, crevassée ou filamenteuse, sur n’importe quelle surface ou paroi humide ou humidifiée. Ceci expliquerait l’évolution de sens qui finit par désigner la classe des alcalis ou corps alcalins naturels étendue à celle des nitrates, et finalement le nitre ou salpêtre.

La connaissance qu’ils développèrent en observant la similitude de matière entre le natron purifié, chauffé et asséché en vase clos, et la partie soluble dans l’eau des cendres de végétaux de chénopodiacées calcinés poussant sur des terres salifères. Il s’agit de la soude, le premier alcali minéral connu. Par la suite ils en accrurent le pouvoir alcalin en la chauffant avec de la chaux pour obtenir de la soude caustique (NaOH).

Les usages du natron

Dans l’ancienne Égypte le natron était utilisé dans différents domaines d’application :

  • Comme pour les soins mortuaires, pour la momification des personnalités, où les embaumeurs l’utilisait pour déshydrater le corps et principal agent de conservation. Les textes des pyramides décrivent aussi comment le natron a été utilisé lors de rites funéraires sous forme de boules données comme offrandes.
  • Pour la propreté et les soins du corps, à faible dose sèche en particulier les dents, les bains de bouches et surtout en association avec de l’huile odorante pour la toilette. Les produits étaient confectionnés sous forme de pâte constituée de natron de cendres et d’argile ou sous forme d’onguent qu’il obtenait en le faisant cuire avec des huiles ou/et des graisses.
  • En tant que produit ménager sous forme de détergent à base d’eau, pour nettoyer les espaces salubres et le blanchiment du linge.
  • D’agent de conservation alimentaire (poissons, viandes), à dose sèche mesurée, probablement associé avec du sel.
  • D’agent (desséchant, agrégeant ou durcisseur) dans la préparation des cuirs et la confection textile.
  • Comme produit de désinfection (insecticide, bactéricide) et antiseptique médical pour blessures légères (« papyrus Eber » conservé au musée de Leipzig).
  • D’agent de nettoyage, d’abrasion ou de collecte de métaux nobles, composant de flux de brasage en métallurgie pour souder ensemble des métaux précieux.
  • D’ingrédients dans les huiles d’éclairage brûlant sans fumée (lampes à huile de ricin).

En y ajoutant du sable, l’on pouvait également fabriquer du verre. Les Égyptiens découvrirent que pour produire un verre incolore et transparent, il faut employer un sable spécifiquement blanc, du natron pur et une chaux bien blanche. Ils découvrirent également qu’en ajoutant certains ingrédients au mélange natron et sable (par exemple de la chaux), on obtenait des verres diversement colorés.

Et comme ingrédient de couleur tel quel constituant le bleu égyptien des céramiques.

Le bleu égyptien

Il était obtenu à partir de « verre » fondu avec du minerai de cuivre, puis le verre obtenu était pillé en fine poudre. Il est considéré comme le premier pigment synthétique. Les cristaux obtenus, d’une taille allant de 0.5 à 2 mm au plus, ont la particularité d’être biréfringents : c’est-à-dire d’avoir un effet de double réfraction par laquelle un rayon lumineux pénétrant dans le cristal est divisé en deux.

La teinte obtenue varie selon la température de fonte et surtout selon les impuretés qui affectent les minéraux utilisés dans la préparation. La teinte obtenue était plus claire que le bleu obtenu à partir du minerai d’azurite égyptien et plus résistant à la lumière que le lapis-lazuli importé.

Vitruve mentionne bleu égyptien sous le nom de cæruleum, mais aussi de « bleu d’Alexandrie », « bleu vestorien », « bleu de Pouzzoles ». La recette de sa fabrication se perd vers le IVe siècle.

Il servait pour peindre les ciels et autres parties bleues. Au IIe siècle, les artistes des portraits du Fayoum l’utilisèrent sous les couleurs principales, pour les moduler et accentuer les contours. Cette technique découverte en 2015 en étudiant des portraits a surpris les experts modernes. Le brillant du pigment a pu contribuer à la préférence des artistes pour ce pigment, plutôt que les oxydes de fer et terre d’ombre plus fréquemment utilisés pour cet usage.

Lexploitation d’hier et d’aujourd’hui

La roche natron a depuis la plus haute antiquité été exploitée, après les Égyptiens, les Romains l’utilisèrent dans leur processus de fabrication du verre et dans la céramique jusqu’au moins 640 ap JC. Ce sont les verriers et les céramistes qui le qualifient par le terme générique « d’alcali ». Il s’agissait le plus souvent de la roche impure, le plus souvent à base de trona et de nahcolite, transporté par des navires. Le natron est un « alcali minéral » des alchimistes.

Tout comme en Égypte, il est aussi à Rome en médecine et dans les produits de nettoyage et d’hygiène.

À l’époque ptolémaïque, le natron était devenu un monopole royal et plus tardivement, sous la domination arabe, elle représentait toujours une source de revenus énormes.

Indispensable aux industries du verre, du savon, des textiles et du papier, juqu’a la fin du XVIIIe voir le début du XIXe siècle, le carbonate de sodium, provenait de cendres de plantes aquatiques type algues ou terrestres type chénopodiacées, dénommées soudes, par exemple la salicorne, ou du chauffage du natron dans les pays désertiques lointains.

Il faut attendre 1780 qu’un chimiste français invente un procédé qui permette d’obtenir du carbonate de sodium à partir de sel marin, d’acide sulfurique, de charbon de bois, de calcaire.

Puis fut supplanté vers 1870 par le procédé découvert par le chimiste belge Ernest Solvay. Le procédé Solvay dit à l’ammoniac, exigeait moins d’énergie de chauffage que le procédé Leblanc, il est le résultat de l’observation attentive des pratiques anciennes.

La conquête du Sahara par les Français au XIXe siècle permit aux occidentaux de redécouvrir le natron et ses sites d’exploitation : notamment les natronières du territoire du Fezzan (sud libyen) et du Soudan français (mali) ou encore du lac Tchad. Ils y constatent une activité de récolte traditionnelle, maintenue en raison de son faible coût d’exploitation et fondée une industrie de traitement, de purification et de dessiccation de carbonates, qui livre du natron commercial, en réalité du carbonate de sodium plus ou moins pur ou sec. À cette extraction traditionnelle, se superpose progressivement une exploitation plus moderne avec une industrie chimique sophistiquée, conséquence de l’apparition du procédé Solvay.

À la Belle Époque, un natromètre est un instrument servant à mesurer la soude ou la potasse des produits commerciaux.

Carbonate de sodium et natron (déca-hydraté)

Le carbonate de sodium est un corps composé chimique minéral (Na2CO3) connu pour différent usage depuis l’antiquité grâce à l’exploitation de la roche de natron et utilisé notamment dans l’industrie verrière antique. Le carbonate de sodium peut être obtenu à partir de gisements de natron (Na2CO3 • 10 H2O) dont il est chimiquement proche, il est peut-être souvent trouvé à l’état naturel sous forme de roche thermonatrite (Na2CO3 • H2O), ou encore de trona (Na2CO3 • NaHCO3 • 2H2O8).

Dans le langage courant, le carbonate de sodium est dénommé respectivement cristaux de soude et soude mais qui ne doit pas être confondu avec la soude caustique NaOH (hydroxyde de sodium) ou encore avec le bicarbonate de sodium NaHCO3 (le bicarbonate de soude).

Utilisation

Connu il y a plus de 4000 ans, le carbonate de sodium, cet alcali a servi, très tôt, dès l’Antiquité égyptienne à la fabrication du verre, dont il reste encore aujourd’hui un composant de l’industrie du verre à apporter de l’oxyde de sodium (Na2O) portant le technique de soude V. Cette dernière peut être aussi nécessaire à la fabrication d’émail, de couverte, d’émaux pour la céramique.

Le carbonate de sodium est utilisé encore aujourd’hui dans l’industrie des savons et des détergents, en particulier les lessives dont il en augmente l’efficacité en eau calcaire.

Il sert d’agent de neutralisation pour les eaux dites « agressives » ou « corrosives » et intervient dans la production des eaux potables. Il neutralise aussi l’acide sulfurique des batteries. Il a été et est abondamment utilisé comme alcali dans l’industrie de la cellulose et du papier. En sidérurgie, il est tout à la fois un fondant, un désulfurant, un désiliciant, déphosphorant et un dénitrurant ainsi qu’en métallurgie des métaux non ferreux. Il rentre aussi dans la composition de certains isolants en usage dans le secteur du bâtiment.

Il est également utilisé en chimie de synthèse pour préparer des dérivés sodiques de différents composés leur permettant de devenir beaucoup plus soluble comme : le bicarbonate de sodium purifié, le silicate de sodium et ses dérivés, les phosphates, le percarbonate de sodium, le bichromate de potassium, les sulfites, des engrais… mais également en biochimie, il permet de stopper une réaction enzymatique. Il entre dans le processus d’extraction de nombreux alcaloïdes mais aussi dans la composition du Caffenol, un révélateur film noir et blanc et dans de fabrication de la nitroglycérine.

Le carbonate de sodium est aussi utilisé dans l’alimentation comme additif (E500-i) où il sert comme anti-agglomérant, régulateur de pH et comme agent de levuration où il est un constituant de la levure chimique : mélangé à de l’acide tartrique, il dégage du dioxyde de carbone qui gonfle la pâte à pain ou celle des pâtisseries.

Vendu sous le nom de « cristaux de soude », le carbonate de sodium est utilisé comme produit ménager écologique en saponifiant les corps gras en les rendant solubles à l’eau. Le carbonate de sodium n’est pas toxique pour l’environnement, mais il peut être irritant sur la peau. Il est donc préférable de le manipuler avec des gants.

Bicarbonate de sodium

Le bicarbonate de sodium (NaHCO3), également appelé bicarbonate de soude, était connu des Égyptiens de l’Antiquité qui le recueillait sous forme de poudre blanche sur les bords des eaux saumâtres de nombreux lacs africains qui apparaissait lors de l’évaporation, souvent à côté des efflorescences pures de natron. Cette poudre de bicarbonate de sodium, plus ou moins pure, était employée pour maints usages comme se frotter les dents ou purifier les logis, pour l’hygiène ritualisée de leur corps et était très recherché pour les rituels d’embaumement.

Bien plus tard, le philosophe et humaniste de la Renaissance, Michel de Montaigne, dans son « journal de voyage », alors qu’il était en cure thermale lors d’un séjour estival aux « Eaux-Chaudes » dans la vallée d’Ossau en Béarn y décrit une poudre principalement à base de bicarbonate de sodium ou de sel Vichy : « des eaux à écume blanche qui se fixe, produit une croûte dure sur l’eau, s’incruste et reste aussi ferme que la glace. Un ramassage à l’aide de toiles permet de recueillir le produit naturel, pilé en poudre mise en flacon et exportée au loin, en particulier pour nettoyer les dents ».

Les sels minéraux de Vichy

Les sels minéraux de Vichy sont l’ensemble des éléments minéraux propres aux eaux de source de Vichy. Ils comportent une grande proportion de bicarbonate de sodium, mais aussi une multitude de minéraux et d’oligo-éléments.

À la Belle Époque, la cure de Vichy était recommandée aux malades souffrant de calculs biliaires.

Les sels de Vichy apaisement des douleurs gastriques, améliore la digestion, améliore la performance musculaire (retardement des effets de l’acide lactique) et neutralise l’acidité sanguine. Ils possèdent des propriétés apaisantes et déstressantes (lithium). En application cutanée, ils ont propriétés anti-inflammatoires et augmente l’hydratation de la peau (« teint Célestins » – silicium).

Les sels de Vichy peuvent également être utilisés en cuisine comme eau de cuisson, ils permettent une meilleure conservation de la couleur des légumes ainsi qu’une réduction du temps de cuisson des légumineuses et en substitut partiel du sel, grâce à leur goût légèrement salé.

S’il faut attendre 1791, le chimiste français Nicolas Leblanc pour élabore par un procédé artificiel du carbonate de sodium, c’est 1846 Dr Austin Church et son gendre John Dwight créent la première méthode de raffinage industriel du carbonate de sodium pour obtenir du bicarbonate de sodium à partir du Trona. Puis 1863 : Ernest Solvay lance sa première usine de fabrication du carbonate, puis du bicarbonate de sodium en Belgique, par un nouveau procédé combinant deux matières premières minérales naturelles: le sel géologique (appelé sel gemme) et le carbonate de calcium (appelé craie ou calcaire). Ce procédé est encore aujourd’hui le plus employé dans le monde.

De nos jours, même si l’appellation est la même, les critères de pureté sont différents, il existe trois types de bicarbonate de soude :

  • technique, pour un usage ménager.
  • médicinal ou officinal, est la plus fine et la plus pure.
  • Alimentaire, peut être utilisée pour tout emploi. elle est indiquée avec le code FCC.

Le bicarbonate de sodium (ou de soude) ne doit jamais être confondu avec les cristaux de soude (carbonate de sodium), ni avec la soude caustique (hydroxyde de sodium).

Utilisation

Véritable panacée, les avantages notables du bicarbonate de sodium (NaHCO3) sont nombreux dont le fait que :

  • Il ne provoque pas d’allergie
  • Il est comestible (uniquement le bicarbonate de soude alimentaire)
  • Il est non toxique
  • Il est biodégradable
  • Il ne contient pas de conservateur
  • Il est économique

De plus, c’est également un produit écologique qui a de très nombreuses applications et peut être utilisé de la cave au jardin.

Il s’utilise sous trois formes : en poudre, en pâte ou sous forme liquide.

  • En poudre (sous forme naturel) : est utilisé à chaque fois qu’il doit y avoir une action de « contact », il suffit alors de le saupoudrer.
  • En pâte : en mélangeant environ 3 volumes de bicarbonate et 1 volume d’eau. C’est la forme idéale pour « appliquer le bicarbonate ».
  • En solution, diluer environ 87 g par litre d’eau, mais il peut être mélangé à du vinaigre, à de l’huile ou du savon noir. Sous cette forme, il peut être utiliser en pulvérisation ou en vaporisation.

Hygiène et soins du corps

  • Pour les soins du visage : en gommage ou exfoliant doux du visage, l’action étant assortie d’un assainissement de la peau.
  • Comme dentifrice : comme agent de blanchiment des dents et comme agent anti-bactérien, contre le tartre et la plaque dentaire et pour ses propriétés anti-caries, car il fonctionne comme un nettoyant mécanique sur les dents et les gencives. Ses effets sont valables sur les dents naturelles comme sur les prothèses dentaires. Conseil : Il peut être utilisé seul ou mélangé à de l’argile en poudre ou ajouté au dentifrice classique sur une brosse à dents à poils souples.
  • En bain de bouche pour l’assainissement de la cavité buccale ou de ses plaies de muqueuses comme les aphtes (en tant qu’antiseptique); il neutralise également l’acidité de la bouche, et agit là encore comme un antiseptique et anti-bactérien pour aider à prévenir les infections buccales et la plaque dentaire, et pour lutter contre la mauvaise haleine, l’halitose. Conseil : Une fois par jour, une petite cuillerée dans une tasse d’eau tiède.
  • Pour certains gargarismes (voir ci-dessus).
  • Pour l’hygiène des coiffures comme les dreadlocks.
  • En shampoing, avec rinçage à l’eau ou à l’eau légèrement vinaigrée. Conseil : Il suffit de saupoudrer le bicarbonate sur le crâne et la chevelure mouillée, masser le cuir chevelu et les cheveux, rincer. Il est notamment utilisé dans le mouvement « no poo »,(vient de l’anglais no shampoo, est un mouvement consiste à arrêter l’utilisation du shampooing dit « chimique » pour le remplacer par des alternatives naturelles, ayant moins d’impacts sur la santé et l’environnement).
  • Comme déodorant neutre sous les aisselles par son action anti-bactérienne (bactéries du genre Corynebacterium responsables des odeurs de transpiration. Conseil : En application en tapotements sous les aisselles à peine humides.
  • Pour le rasage ou l’épilation, car il éteint le feu du rasoir ou de l’épilation. Conseil : Prendre une cuillerée de bicarbonate, la mélanger dans une tasse d’eau tiède puis appliquer avant et après rasage.

Produit d’entretien à la maison

  • Comme produit de nettoyage antibactérien, antimicrobien, antifongique, désinfectant, assainissant et antiviral (virucide) sur les surfaces de contact alimentaire, selon les études scientifiques.
  • De manière générale, pour nettoyer efficacement four, micro-ondes, carrelages, taches de graisse, taches sur le marbre, argent terni. Conseil : Disposer une pâte constituée de bicarbonate de sodium et d’eau sur la tache puis frotter ou bien frotter la tache avec une éponge humide et du bicarbonate.
  • Comme produit d’entretien de la maison et agent nettoyant de type poudre à récurer pour blanchir et désinfecter les émaux (baignoire, évier, lavabo, douche, WC…). Conseil : Saupoudrer la surface à traiter et frotter ou mettre le bicarbonate sur une éponge humide et frotter.
  • Pour nettoyer les vitres intérieures de four, les casseroles brûlées, etc. Conseil : Constituer une pâte avec du bicarbonate et un peu d’eau à laisser pauser 20 min sur les zones brûlées puis essuyer ou saupoudrer la casserole brûlée de bicarbonate, ajouter de l’eau et laisser pauser plusieurs heures.
  • Pour l’entretien du linge comme adoucissant, assainissant et détachant avant ou pendant lavage, en tant qu’alcali. Conseil : Ajouter une demi-tasse de bicarbonate de soude dans l’eau de lavage ou le compartiment à lessive de la machine à laver et alléger la dose de savon ou détergent habituel.
  • Contre les mauvaises odeurs du réfrigérateur, le bicarbonate ne masque pas mais détruit les particules d’odeurs. Conseil : Nettoyer son réfrigérateur puis placer au fond une tasse remplie de bicarbonate de sodium.
  • Contre les mauvaises odeurs de décomposition des déchets organiques de la poubelle ou d’une canalisation, le bicarbonate de soude en anéantit 70 %. Conseil : Saupoudrer 50 g de bicarbonate de sodium, répartis au fond d’un bac de déchets alimentaires de 8 litres.
  • Pour l’entretien de la fosse septique.
  • Comme désodorisant et antifongique, antimycosique contre les odeurs de transpiration des baskets, chaussures, vêtements ou autres endroits. Conseil : Saupoudrer, laisser pauser quelques heures puis évacuer la poudre.
  • Comme désodorisant et antifongique sur les tapis et moquettes. Conseil : Saupoudrer d’une main légère, laisser pauser puis battre ou aspirer.
  • Comme désodorisant anti-moisissures, le bicarbonate de soude absorbe les odeurs de moisi des anciens placards et est une méthode fiable pour les vendeurs de livres d’occasion malodorants, assorti ensuite à une aération.
  • En remplacement des désodorisants commerciaux pour la maison. Conseil : Dans un petit pot, 1/3 de bicarbonate de sodium à mélanger avec quelques gouttes d’huile essentielle au choix, à recouvrir d’un carré de tissu fin et à fixer avec un ruban ou un élastique. Secouer le pot quand le parfum semble disparaître.
  • Pour ôter les taches de thé ou café dans les tasses. Conseil : Dilué dans de l’eau chaude.
  • Pour ôter la rouille de surface dans le cas de certaines oxydations.
  • Comme agent actif pour déboucher des canalisations légèrement obturées.
  • Comme adoucisseur d’eau pour réduire la dureté de l’eau (d’un bain ou d’une piscine, par exemple).
  • Pour lutter contre la croissance fongique, les parasites comme les acariens ou tuer les cafards. Conseil : Saupoudrer la literie (laisser pauser quelques heures puis ôter la poudre), saupoudrer les plinthes et autres trajets des insectes.

Au garage ou à l’atelier

  • Pour ôter les insectes, les gouttes de résine, de sève ou les taches argileuses sur la carrosserie ou les phares. Conseil : une éponge imbibée de bicarbonate de sodium alimentaire suffit et ne raye pas.
  • Pour ôter les mauvaises odeurs. Conseil : saupoudrer de bicarbonate de soude le cendrier, les sièges et les tapis (à ôter après quelques heures).
  • Pour nettoyer et prolonger la vie des bornes sulfatées d’une batterie d’automobile. Conseil : appliquer sur les bornes une pâte composée de 3/4 de bicarbonate et 1/4 d’eau, brosser, rincer, sécher puis enduire de vaseline.
  • Pour faire disparaître une tache d’huile sur le béton. Conseil : mouiller la tache avec de l’eau, on la saupoudre généreusement de bicarbonate, on frotte à la brosse, rincer et recommence jusqu’à disparition de la tache.

Au jardin

Le bicarbonate de soute peut être employé comme fongicide, pour lutter contre de nombreuses maladies des végétaux. Il permet d’atténuer l’acidité. Il est indiqué pour lutter :

  • contre la tavelure du pommier.
  • contre l’oïdium de la vigne.
  • contre le mildiou des plantes ornementales, de la betterave rouge, de la carotte, du panais, du raifort, du radis, de la scorsonère, de l’ail, de l’oignon, de l’échalote, de la tomate, du poivron, du piment, de l’aubergine, du pepino, du concombre, du cornichon, de la courgette, du pâtisson, du melon, du potiron, de différents types de choux (brocoli, chou-fleur, de Bruxelles, pommé, chinois, pakchoï, frisé, rave, du chou-navet), du rutabaga, du navet, de la laitue, de différents types d’endives dont la racine de witloof, de la mâche, de l’épinard, de la blette, du persil, du haricot vert, de différents types de pois, de la fève, de l’asperge, de différents types de céleri, du poireau, du fenouil, de la rhubarbe, du fraisier, du framboisier, de la ronce à mûres, de différents types de groseilliers, de l’airelle canneberge, de la myrtille, de l’airelle rouge
  • contre les maladies (Penicillium italicum et Penicillium digitatum) liées au stockage de la pomme après récolte, de la poire après récolte, du cerisier et griottier après récolte, de différents types de groseilliers après récolte, de l’airelle canneberge après récolte, de la myrtille et de l’airelle rouge après récolte.

Conseil : pulvériser sur les feuilles un mélange de 1 cm ³ de bicarbonate de sodium et 1 cm ³ de savon noir dans un litre d’eau, la surface devient moins acide et limite la capacité des spores de champignons à se développer.

Usage alimentaire

Dans l’industrie alimentaire, le bicarbonate de soude est l’additif alimentaire numéro E500(ii).

Il entre dans la fabrication des boissons et eaux gazeuses pour son rôle de générateur potentiel de gaz carbonique.

  • En boulangerie-pâtisserie, il est utilisé comme anti-agglomérant ou comme régulateur de PH. Il sert également comme agent gonflant dans les pâtes à crêpe, le pain ou d’autres aliments cuits au four. Conseil : une cuillère à café de bicarbonate pour 500 g de farine.

Mélangé à l’acide citrique, il est l’un des composants de la levure chimique qui permet à la pâte à pain de lever par dégagement de dioxyde de carbone et rend le pain plus léger et plus digeste.

  • Comme élément de panure pour qu’elle reste compacte, gonflée et éviter qu’elle n’explose durant la friture.
  • Il est utilisé pour conserver leurs propriétés et leur couleur à certains légumes et légumineuses lors de la cuisson, en raison de sa réaction avec la chlorophylle pour produire la chlorophylline. Conseil : une pincée dans l’eau de cuisson.
  • Pour faciliter le trempage des légumes secs comme pois, haricots, etc. et/ou pour les cuire. Conseil : une pincée dans l’eau de trempage.
  • L’ajout de bicarbonate de sodium permet également de monter facilement des blancs en neige. Conseil : une pincée dans les blancs crus.
  • Pour nettoyer les fruits et les légumes des pesticides déposés sur leur peau, le bicarbonate de sodium s’avère plus efficace que d’autres produits. Conseil : trempage dans une solution de bicarbonate de soude et d’eau pendant 12 à 15 minutes ôte presque tous les pesticides.
  • Le bicarbonate de sodium, associé au chlorure de calcium, peut être employé dans les procédés de reminéralisation rapide des eaux trop faiblement minéralisées ou trop pures. Néanmoins, les teneurs en chlorure de calcium doivent être limitées à une valeur inférieure à 100 mg/litre pour ne pas rendre corrosives les eaux et altérer leur goût.
  • Le bicarbonate de sodium et les eaux minérales qui en contiennent facilitent la digestion.

Usage médical

Le bicarbonate de soude à différents usages en médecine, il est utilisé notamment en soluté de perfusion par voie intraveineuse, servant à l’alcalinisation des patients et permet de maintenir un pH constant.

Il entre également dans le cadre de nombreux traitement : comme antitussif, dans celui de la « diarrhée sévère », en cas de réaction allergique aux plantes irritantes, dans le traitement de la goutte, pour ralentir la progression de maladie de certaines insuffisances rénales chronique, dans le traitement de certaines intoxications ou empoisonnements médicamenteux (notamment aux barbituriques) ou toxicologiques (cocaïne, crack…) entraînant des complications cardiaques…

Le bicarbonate de sodium fait partie de la liste des médicaments essentiels de l’Organisation mondiale de la santé (liste mise à jour en avril 2013), car il entre dans la composition des solutés par voie orale ou parentérale, notamment des solutés de réhydratation orale. Cependant les solutés bicarbonatés manquent de stabilité en conditions tropicales, et les solutés citratés (citrate de sodium) sont préférables. Le bicarbonate de sodium n’est recommandé que lorsque la fabrication des solutés est faite pour utilisation immédiate.

Précaution d’emploi

Le bicarbonate de sodium est généralement contre-indiqué chez certains patients souffrant d’oligurie/anurie (à cause notamment d’une insuffisance rénale), d’insuffisance cardiaque avancée décompensée, présentant une alcalose métabolique ou respiratoire, atteints d’hypocalcémie chez qui l’alcalose peut induire une tétanie. Le bicarbonate de sodium ne doit pas non plus être utilisé par voie orale comme antidote dans le traitement de l’ingestion d’acides minéraux forts.

Il doit être utilisé avec une extrême prudence chez les patients souffrant d’une insuffisance cardiaque, d’une insuffisance rénale, chez des patients recevant des corticostéroïdes ou de la corticotropine. La même prudence est recommandée pour la femme enceinte ou l’enfant de moins de deux ans.

Quelques usages médicinaux pratiques

  • Pour faciliter la digestion ou procurer un soulagement aux maux d’estomac dus aux acidités gastriques en tant qu’antiacide et agent alcalinisant. Il est efficace contre les reflux gastriques dus au stress, à un excès alimentaire ou à une alimentation grasse ou pimentée. Il peut également être utilisé dans le traitement des symptômes de la maladie de l’ulcère gastro-duodénal. La libération de CO2 de bicarbonate et de carbonate antiacides peut toutefois causer des éructations menant parfois à des nausées, une distension abdominale et de la flatulence. Conseil : une cuillerée à café dans un verre d’eau.
  • En tant qu’antiprurigineux sur les zones érythémateuses ou urticariales qui peuvent suivre les piqûres d’insectes ou de méduses. Conseil : sous forme de pâte humide ou d’une solution à appliquer sur la peau (humaine ou animale).
  • Contre les brûlures et les coups de soleil. Conseil : une pâte froide composée de bicarbonate de sodium avec un peu d’eau, appliquée sur les zones affectées de la peau ou 1 à 2 tasses de bicarbonate dans l’eau d’un bain tiède.
  • Contre les callosités et les plaques rugueuses (kératose, ichtyose) de la peau, il aide à adoucir la peau et à ôter les callosités. Conseil : trempage des callosités dans un bain de bicarbonate de soude.

Autres utilisations

  • Également utilisé dans la production agricole de la spiruline, par le développement de carbone.
  • Anodisation de l’aluminium.
  • Purification des fumées.
  • Carburant propulsif pour fusée ludo-pédagogique lorsqu’il est mélangé avec du vinaigre.
  • Agent de traitement anti-acariens.
  • En modélisme, il est utilisé pour simuler de la neige en le mélangeant à de la colle PVA ou colle à bois.
  • Dans la lutte contre les incendies : les poudres sèches anti-incendie sont à base de bicarbonate de sodium ou de bicarbonate de potassium.
22 juin 2020